Une petite gêne médiatique

La guerre, la guerre, c’est une maudite bonne raison pour se faire mal.

J’écris un peu avec la honte, en me disant qu’il faut que je maintienne l’activité sur mon site pour ne pas disparaître ; mais quand je compare la conséquence d’avoir un mauvais ranking sur Google avec une bombe sur la tête c’est clair que je pourrais aussi bien aller profiter de mon privilège de naissance dehors et ne pas écrire ni ne rien publier et m’en foutre un peu.

Ça ne changerait pas grand chose.

Je ne sais pas jusqu’à quel point vous êtes sensible à la nuance dans les communications, mais je suis personnellement très irritable et très irrité en ce moment. La droite contre la gauche est un spectacle que je trouve à la fois triste et ridicule, tant d’un côté que de l’autre.

Cette semaine Facebook m’a bombardé de publications dans un spectre intellectuel assez médiocre, tant à gauche qu’à droite. De la pure méchanceté et des insultes qui se font cautionner à coup de centaines de Like.

Même une expression facile à comprendre comme le gros bon sens est totalement dénuée de sens aujourd’hui, prise cognitivement entre l’intelligence artificielle et les bonnes vieilles fake news manuelles. Oh oui, avoir une opinion c’est essentiel.

Je suis donc allé voir du côté de Chat GPT pour avoir un peu d’objectivité froide et constructive. Bonne idée, je dirais!

Voici la discussion (cliquez ici pour lire la discussion)

les blagues de Girls Math

Vous avez peut-être vu passer une blague dans laquelle une femme fait un calcul mental dont la logique boiteuse justifie l’achat d’un produit de luxe. Le phénomène prend beaucoup d’ampleur sur les médias sociaux.

Je ne suis pas personnellement très fan de ce genre d’humour alors je vous laisse vous-même chercher sur YouTube l’expression girls math

Je constate un retour en popularité de l’humour basé sur la différence de sexe ; retour synchronisé avec les valeurs traditionnalistes du christianisme en Amérique du Nord.

J’ai grandi dans les années 80 avec les jokes de blonde et de Newfies et autres croyances populaires que les femmes étaient moins intelligentes que les hommes blancs catholiques avec un permis de pêche.

Ensuite j’ai vu la montée en puissance du mouvement féministe et la place des femmes dans la politique québécoise. Tout ça suivi par le mouvement #metoo et toutes les occasions de canceller ceux qui n’étaient pas respectueux envers les femmes.

Puis Donald Trump arrive à la Maison Blanche et je constate le retour de l’humour basé sur le sexe sur Facebook et les autres médias sociaux.

On ne peut pas ignorer la corrélation. Le respect de l’autre, de manière générale, diminue.

Puis, émergent au travers de la masse certains individus qui se préoccupent de tout ça et qui essaient d’éveiller les consciences. Je prétends faire partie de cette cohorte.

La politique américaine est basée sur sa supériorité militaire, des décisions économiques hostiles envers les autres et des déclarations fracassantes pour distraire l’attention du public.

Je ne dis pas que c’est la faute de « ça » si les gens conduisent comme des crétins, mais je crois sincèrement que le fait de voir et de lire le mépris sur toutes les tribunes et à tous les jours engendre nécessairement un changement de comportement dans la société.

Même pattern.

Ce qui était grave ne l’est plus, maintenant, si ça nous arrange ou que ça nous fait rire.

Fâché contre les Jeux Olympiques

Vous avez peut-être vu l’accident de Lindsey Vonn. Personnellement j’ai pleuré quand j’ai vu les images. En partie parce que je connais personnellement la douleur physique d’une fracture, mais aussi à cause de la signification de cet accident dans un parcours, une carrière, un rêve, une épopée publique.

Et puis j’ai réalisé que cet accident, c’était en fait les premières images des Jeux que je voyais cette année. Je n’avais rien regardé. Ni la cérémonie d’ouverture ni les émissions spéciales de fin de journée qui remplacent, par exemple mais sans se limiter à : STAT et le reste de ma routine!

Ça, c’est le moment où j’ai réalisé que je ne faisais plus partie du public cible ; je ne croyais plus en la magie. Alors ensuite, j’ai pleuré un petit peu parce que je me suis rendu compte que je me suis cherché des raisons de m’empêcher de pleurer parce qu’il s’agissait d’une citoyenne américaine.

Je me suis surpris à mêler la politique de 2026 avec mes souvenirs de 1996 pendant que je me gelais les doigts à déneiger mon auto pour me rendre à l’épicerie et payer beaucoup trop cher ma contribution au cachet d’une vedette engagée pour dire que c’est moins cher chez eux.

Je pense que je suis fâché contre le statu quo, l’Establishment, les Olympiques et compagnie. Je pense que le fait de voir autant de méchanceté à chaque jour aux nouvelles et sur les médias sociaux me rend insensibles aux belles choses et aux prouesses de l’humanité. Je sens que je cautionne la bullshit quand je regarde ailleurs.

Catch 22. C’est plate, je passe à côté d’un paquet de petits miracles.

Et je réalise que ce sentiment là, je suis loin d’être le seul à l’éprouver. En discutant de tout ça avec certains de mes clients et de mes partenaires (et quelques inconnus à l’épicerie) je me rends compte que la plupart du monde a une petite envie réprimée d’envoyer ch* les premiers.

Et je ne pense pas parler de jalousie ; carrément de malaise. Une ignorance pluraliste de plus en plus inconfortable.

En fait, selon mon expérience personnelle plus la vie coûte cher moins je tripe sur les prouesses des autres et moins j’ai de patience pour ceux qui se la pètent. Je perçois donc un seuil minimum d’aisance (financière/sociale) en bas duquel c’est non seulement difficile de s’associer au gagnant mais où un véritable rejet s’installe.

Et cette ligne imaginaire semble changer de place au fur et à mesure que nos crises sociales prennent de l’importance. Marketing Wise : revendiquer la première position peut clairement représenter une agression pour un groupe grandissant de personnes.

Et vous ? Je suis très curieux de savoir ce que vous en pensez…